Les cartes anciennes de la Russie : cartographie du XVIe au XIXe siècle
La fascination des cartes anciennes de Russie
Il est peu de documents qui éveillent autant l'imagination qu'une carte ancienne de la Russie. Ouvrir un atlas du XVIIe siècle, c'est contempler le monde tel que les Européens le devinaient plus qu'ils ne le connaissaient : un continent qui se prolonge vers l'est dans des étendues mal définies, où les rivières semblent couler sans fin vers des mers dont on ignore le contour. La Russie, sur ces feuilles gravées au burin et rehaussées à l'aquarelle, apparaît comme une terra incognita formidable, un espace que les cartographes d'Amsterdam, de Nuremberg ou de Paris s'efforcent de remplir avec les rares informations dont ils disposent.
Cette fascination tient d'abord à la démesure du sujet. Comment représenter un territoire qui couvre onze fuseaux horaires ? Comment dessiner les côtes d'un océan Arctique que nul navigateur européen n'a parcouru ? Les cartographes de la Renaissance y répondent par un mélange de science et d'invention qui fait tout le charme de leurs œuvres : les régions connues — les abords de la Baltique, les routes marchandes vers Moscou — sont représentées avec une précision honorable, tandis que la Sibérie reste un vaste blanc, parfois peuple de figurines fantaisistes, de yourtes et de rennes stylisés.
Les cartes anciennes de l'empire russe sont aussi des documents politiques. Chaque frontière tracée, chaque ville nommée, chaque fleuve identifié témoigne d'un rapport de forces entre les puissances européennes et le monde russe. Nommer un territoire, c'est déjà en prendre possession symboliquement. Et l'on voit, d'un siècle à l'autre, la Moscovie se transformer en Empire de Russie, les frontières reculer vers le Caucase et l'Asie centrale, les villes nouvelles apparaître là où il n'y avait que des forêts et des steppes.
Les premières représentations (XVIe siècle)
Les premières représentations cartographiques de la Russie accessibles aux Européens de l'Ouest remontent à la fin du XVe siècle. La Carta Marina d'Olaus Magnus (1539), bien qu'essentiellement consacrée à la Scandinavie, laisse entrevoir les confins occidentaux de la Moscovie. Mais c'est véritablement avec les grandes entreprises cartographiques de la seconde moitié du XVIe siècle que la Russie entre dans la cartographie européenne.
En 1562, le marchand et diplomate anglais Anthony Jenkinson publie une remarquable carte de la Moscovie, fondée sur ses propres voyages jusqu'à Boukhara. Cette carte, gravée à Anvers et dédiée à Henri Sidney, constitue le premier document cartographique occidental fondé sur une expérience directe du terrain russe. Jenkinson y représente la route commerciale de Moscou vers l'Asie centrale, avec une richesse de détails inédite pour l'époque.
Abraham Ortelius, le grand cartographe anversois, inclut dans son Theatrum Orbis Terrarum (1570) — considéré comme le premier atlas moderne — une carte de la Russie fondée en partie sur les travaux de Jenkinson. La carte d'Ortelius représente la Moscovie comme un vaste territoire organisé autour du réseau fluvial : la Volga, le Don, la Dvina et l'Ob y apparaissent comme les artères vitales d'un pays que les Européens ne connaissent encore que par ses voies navigables.
Quelques années plus tard, Gerardus Mercator intègre la Russie dans sa célèbre projection (1569) et publie, dans son atlas posthume de 1595, des cartes détaillées de la Moscovie. La contribution de Mercator est décisive : sa projection, qui permet de représenter les hautes latitudes avec moins de distorsion que les projections antérieures, offre enfin une image cohérente des territoires septentrionaux de la Russie. Toutefois, l'est du pays reste largement conjectural : la Sibérie n'est qu'un vague prolongement, et le détroit séparant l'Asie de l'Amérique n'apparaît pas encore.
Le diplomate autrichien Sigismund von Herberstein, dont les Rerum Moscoviticarum Commentarii (1549) constituent la première description détaillée de la Russie par un Occidental, fournit également des informations cartographiques précieuses. Ses observations sur la géographie de la Moscovie, fondées sur deux ambassades (1517 et 1526), alimentent les cartographes européens pendant près d'un siècle.
La cartographie du XVIIe siècle : l'expansion vers l'est
Le XVIIe siècle marque un tournant décisif dans la cartographie de la Russie. C'est l'époque de la conquête de la Sibérie, qui repousse les frontières de la Moscovie jusqu'au Pacifique en quelques décennies. Les Cosaques d'Ermak franchissent l'Oural dès 1582, et en moins d'un siècle, les explorateurs russes atteignent le détroit de Béring — bien avant que celui-ci ne soit officiellement découvert par Vitus Bering en 1728.
Les grands ateliers cartographiques d'Amsterdam — ceux de Willem et Joan Blaeu, de Jan Janssonius et de Frederik de Wit — produisent des cartes somptueuses de la Russie, gravées sur cuivre et enluminees à la main. Le Grand Atlas de Blaeu (1662), monument de la cartographie néerlandaise, consacre plusieurs planches à la Moscovie, au « pays des Tartares » et aux régions arctiques. Ces cartes, bien que partiellement fondées sur des informations obsolètes, sont des chefs-d'œuvre de l'art de la gravure : cartouches ornés de personnages en costume local, roses des vents élaborées, monstres marins peuplant les mers septentrionales.
C'est toutefois du côté russe que survient l'innovation la plus remarquable de cette période. Semion Oulianovitch Remezov (1642-1720), cartographe et chroniqueur sibérien, compose entre 1699 et 1701 le Tchertiôjnaïa kniga Sibiri (« Livre de dessins de la Sibérie »), premier atlas cartographique réalisé entièrement par un Russe. Cet atlas comprend 23 cartes détaillées de la Sibérie, fondées sur les rapports des voïvodes, les récits des explorateurs et les propres relevés de Remezov. Le style est radicalement différent de la cartographie européenne : les cartes sont orientées avec le sud en haut, les rivières sont représentées avec une précision remarquable, et les indications toponymiques sont d'une richesse inégalée.
L'atlas de Remezov est d'autant plus précieux qu'il témoigne d'un savoir géographique russe autonome, indépendant de la tradition cartographique occidentale. Conservé aujourd'hui à la Bibliothèque d'État de Russie à Moscou, il constitue un document irremplaçable pour l'histoire de la Sibérie et de la colonisation russe.
Pierre le Grand et la cartographie moderne
L'avènement de Pierre Ier (r. 1682-1725) transforme radicalement la cartographie russe. Le tsar réformateur, qui a voyagé incognito en Hollande et en Angleterre en 1697-1698, comprend que la maîtrise du territoire passe par sa représentation précise. Comme il a modernise la marine et l'armée, il entreprend de moderniser la cartographie de son empire.
En 1715, Pierre le Grand invite à Saint-Pétersbourg le cartographe français Joseph-Nicolas Delisle, frère du célèbre astronome Guillaume Delisle. Nommé premier astronome de l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg (fondée en 1724), Delisle organise un programme systématique de relevés astronomiques et géodésiques à travers l'empire. Pendant plus de vingt ans, des équipes d'arpenteurs parcourent la Russie, mesurant les latitudes et les longitudes des principales villes — travail colossal dans un pays de cette étendue.
Parallèlement, Pierre le Grand commande au géographe Ivan Kirillovitch Kirillov le premier atlas général de l'Empire russe. L'Atlas Vserossiyskoy Imperii, dont le premier volume paraît en 1734 (après la mort du tsar), constitue une rupture avec la cartographie antérieure : pour la première fois, les cartes de la Russie reposent sur des mesures scientifiques et non plus sur des estimations de distances. L'atlas compte 28 cartes et couvre l'ensemble de l'empire, de la Baltique au Kamtchatka.
Les cartographes allemands et français jouent un rôle essentiel dans cette période. À Nuremberg, Johann Baptist Homann et ses successeurs publient de nombreuses cartes de la Russie, souvent fondées sur les données transmises par l'Académie de Saint-Pétersbourg. L'articulation entre Pierre Ier et Catherine II dans la politique cartographique illustre cette continuité d'un projet impérial de connaissance du territoire. À Paris, Guillaume Delisle et Jean-Baptiste Bourguignon d'Anville intègrent les nouvelles données russes dans leurs cartes générales de l'Asie, contribuant à dissiper les légendes qui entouraient encore la Sibérie.
La grande expédition de Vitus Bering (1725-1730, puis 1733-1743), commandée par Pierre le Grand lui-même avant sa mort, acheve de révéler la géographie de l'Extrême-Orient russe. Les cartes issues de cette expédition, publiées progressivement au cours du XVIIIe siècle, confirment l'existence du détroit séparant l'Asie de l'Amérique et fixent définitivement les contours orientaux de l'empire.
Le Pont-Euxin et la mer Noire
Parmi les régions de l'empire russe qui ont suscité le plus grand intérêt cartographique, le Pont-Euxin — nom antique de la mer Noire, hérité du grec Pontos Euxeinos (« mer hospitalierère ») — occupe une place singulière. Depuis l'Antiquité, cette mer intérieure est au carrefour des civilisations : comptoirs grecs, colonies génoises, domination ottomane, puis expansion russe.
Les cartes du Pont-Euxin constituent un genre cartographique à part entière. Elles représentent non seulement les côtes de la mer Noire, mais aussi les territoires riverains — Crimée, Caucase, Moldavie, Valachie — qui sont au cœur des conflits entre l'Empire russe et l'Empire ottoman. La carte du Pont-Euxin présentée sur notre site illustre remarquablement cette tradition cartographique : on y voit les ports stratégiques de Sébastopol, Odessa et Constantinople, les routes maritimes et les zones de mouillage.
L'annexion de la Crimée par Catherine II en 1783 suscite une véritable flévrèe cartographique en Europe. Les cartographes français, allemands et anglais publient des dizaines de cartes de la région, souvent accompagnées de commentaires géopolitiques. La guerre de Crimée (1853-1856) relance cette production : les cartes militaires du siège de Sébastopol, d'une précision remarquable, témoignent des progrès accomplis en un siècle dans la représentation topographique.
Sur les cartes anciennes, la dénomination de « Pont-Euxin » persiste jusqu'au début du XIXe siècle, attestant la permanence de la culture classique dans la cartographie européenne. Cette continuité linguistique rappelle que la cartographie n'est pas seulement une science : elle est aussi une tradition culturelle, qui transmet de siècle en siècle des noms, des représentations et des imaginaires.
Les plans de Saint-Pétersbourg
La fondation de Saint-Pétersbourg en 1703 donne naissance à l'une des traditions cartographiques les plus riches de l'histoire urbaine. Ville créée ex nihilo sur les marécages de la Neva, la nouvelle capitale de l'Empire russe fait l'objet, dès ses premières années, de plans détaillés destinés à guider sa construction et à célébrer sa grandeur naissante.
Les premiers plans de la ville sont l'œuvre d'architectes et d'ingénieurs au service de Pierre le Grand : Domenico Trezzini, Jean-Baptiste Le Blond et Johann Friedrich Braunstein dessinent des plans d'urbanisme qui mêlent la réalité du terrain aux ambitions du tsar. Ces plans-projets sont fascinations : ils montrent une ville idéale, aux rues tirées au cordeau, aux canaux rectilignes, qui ne correspond qu'imparfaitement à la cité en chantier permanent qu'est alors Saint-Pétersbourg.
À partir des années 1720, les cartographes allemands s'emparent du sujet. Johann Baptist Homann et Matthäus Seutter, installés à Nuremberg et Augsbourg, publient des plans magnifiques de la nouvelle capitale russe, enrichis de vues perspectives, de légendes détaillées et de cartouches allégoriques. Le plan de Saint-Pétersbourg de Baedeker, bien que plus tardif, s'inscrit dans cette longue tradition de représentation urbaine.
Au fil des décennies, les plans de Saint-Pétersbourg deviennent de véritables documents historiques. En les comparant, on observe la croissance de la ville : l'apparition du palais d'Hiver, de la forteresse Pierre-et-Paul, de la perspective Nevski, des faubourgs industriels du XIXe siècle. Chaque plan est un instantané de la ville à un moment donné de son histoire, et l'ensemble constitue une chronique visuelle sans équivalent.
Les cartes du XIXe siècle : précision et expansion
Le XIXe siècle voit la cartographie russe atteindre une maturité scientifique comparable à celle des meilleures écoles européennes. La création du Corps des topographes militaires en 1822 dote la Russie d'un instrument cartographique de premier ordre, capable de produire des cartes topographiques d'une précision remarquable.
En France, le cartographe Adrien-Hubert Brué publie en 1812 une Carte générale de l'Empire de Russie qui fait autorité pendant plusieurs décennies. Fondée sur les données les plus récentes de l'Académie de Saint-Pétersbourg, cette carte montre l'empire dans toute son étendue, des frontières polonaises aux côtes du Pacifique. La publication de cette carte coïncide, ironie de l'histoire, avec l'invasion de la Russie par Napoléon, dont les généraux auraient sans doute tiré profit d'une cartographie plus fiable des steppes russes.
La cartographie militaire prend une importance capitale avec les guerres napoléoniennes, la guerre de Crimée et la conquête de l'Asie centrale. Les cartes d'état-major russes du XIXe siècle, dites « cartes de Schubert » (du nom du général Fiodor Schubert, directeur du Corps des topographes), atteignent un niveau de détail sans précédent. Chaque village, chaque route, chaque pont y figure avec une exactitude qui ne sera surpassée qu'au XXe siècle par la photographie aérienne.
L'expansion de l'empire vers le Caucase, l'Asie centrale et l'Extrême-Orient génère une production cartographique considérable. Les cartes du Turkestan, du Caucase et de la Mandchourie, souvent dressées par des officiers-topographes en campagne, témoignent de la dimension stratégique de la cartographie au service de l'impérialisme russe. La construction du Transsibérien (1891-1916) donne lieu également à de remarquables cartes linéaires montrant le tracé de la voie ferrée à travers la Sibérie.
La collection de l'association
L'association Les Amis de Paris—Saint-Pétersbourg présente sur son site une collection de cartes anciennes qui illustre plusieurs siècles de cartographie russe. Cette collection, constituée au fil des années par les membres de l'association, comprend des reproductions de cartes rares et des commentaires historiques permettant de situer chaque document dans son contexte.
Parmi les pièces les plus remarquables, on trouvera la carte d'Ortelius, reproduction du célèbre Theatrum Orbis Terrarum qui constitue l'une des toutes premières représentations de la Moscovie accessibles au public européen. La carte du Pont-Euxin offre une vision saisissante de la mer Noire et de ses rivages, tandis que le plan de Saint-Pétersbourg de Baedeker permet de retrouver la topographie de la ville telle qu'elle se présentait aux voyageurs du XIXe siècle.
L'index des cartes du site offre un accès systématique à l'ensemble de la collection. Chaque carte est présentée avec sa date, son auteur lorsqu'il est connu, et un commentaire historique qui permet d'en apprécier la portée. Cette démarche s'inscrit dans la mission de l'association : faire connaître au public francophone le patrimoine culturel lié aux relations franco-russes, dont la cartographie constitue un volet méconnu mais passionnant.
La collection invite également à une réflexion sur l'évolution des regards européens portés sur la Russie. De la curiosité teintée de crainte des cartographes du XVIe siècle à la précision scientifique du XIXe siècle, les cartes anciennes racontent l'histoire d'une découverte progressive et jamais tout à fait achevée. L'Alliance franco-russe, qui œuvre elle aussi à la promotion des échanges culturels entre la France et la Russie, souligne à juste titre que ces documents cartographiques font partie intégrante du patrimoine commun des deux nations.
L'art de la cartographie ancienne
Les cartes anciennes de la Russie ne sont pas seulement des documents géographiques : ce sont aussi des œuvres d'art. La gravure sur cuivre (taille-douce), technique dominante du XVIe au XVIIIe siècle, permet une finesse de trait qui confine à la prouesse. Les meilleurs graveurs — ceux des ateliers Blaeu, Homann ou Seutter — sont des artistes autant que des techniciens, capables de rendre avec élégance les reliefs, les forêts et les cours d'eau.
La mise en couleurs constitue une étape à part entière. Les cartes sortent de la presse en noir et blanc ; c'est ensuite, à la main, que des enlumineurs spécialisés appliquent les couleurs à l'aquarelle. Chaque exemplaire est donc unique. Les frontières sont traditionnellement soulignées de bandes colorées, les mers reçoivent un lavis bleu pâle, les forêts un vert délicat. Les plus beaux exemplaires, dits « en coloris d'époque », atteignent des prix considérables sur le marché de l'estampe.
Les cartouches — ces encadrements décoratifs qui portent le titre de la carte — sont souvent de véritables tableaux miniatures. Sur les cartes de Russie, ils représentent fréquemment des scènes exotiques : marchands en fourrure, traîneaux tirés par des rennes, palais aux coupoles dorées, guerriers cosaques. Ces représentations, qui mêlent observation et fantaisie, nourrissent l'imaginaire européen sur la Russie pendant des siècles.
Au XIXe siècle, la lithographie remplace progressivement la gravure sur cuivre. Cette technique, plus rapide et moins coûteuse, permet des tirages plus importants mais sacrifie une partie de la finesse de la taille-douce. Les cartes lithographiées de l'empire russe sont certes plus précises sur le plan géographique, mais elles perdent le caractère artisanal et la beauté singulière des cartes gravées à la main.
« Une carte ancienne est un miroir où se reflètent à la fois le savoir et l'ignorance d'une époque, ses ambitions et ses peurs, sa science et sa poésie. »
Tableau des cartes principales
Le tableau ci-dessous récapitule les principales cartes anciennes de la Russie, classées par ordre chronologique. Il ne prétend pas à l'exhaustivité, mais offre un panorama des œuvres les plus significatives de chaque période.
| Date | Cartographe | Description |
|---|---|---|
| 1549 | Sigismund von Herberstein | Carte accompagnant les Rerum Moscoviticarum Commentarii, première description détaillée de la Moscovie |
| 1562 | Anthony Jenkinson | Carte de la Moscovie fondée sur ses voyages jusqu'à Boukhara, gravée à Anvers |
| 1570 | Abraham Ortelius | Theatrum Orbis Terrarum : première carte de la Russie dans un atlas moderne |
| 1595 | Gerardus Mercator | Cartes de la Moscovie dans l'atlas posthume, projection novatrice des hautes latitudes |
| v. 1662 | Joan Blaeu | Grand Atlas : planches somptueuses de la Moscovie et de la Tartarie |
| 1701 | Semion Remezov | Tchertiôjnaïa kniga Sibiri : premier atlas sibérien par un cartographe russe |
| v. 1720 | Johann Baptist Homann | Plans de Saint-Pétersbourg et cartes générales de l'Empire russe |
| 1734 | Ivan Kirillov | Atlas Vserossiyskoy Imperii : premier atlas scientifique de la Russie |
| v. 1740 | Matthäus Seutter | Plans et cartes de Saint-Pétersbourg et de l'Empire, édition d'Augsbourg |
| 1745 | Académie de Saint-Pétersbourg | Atlas Russicus : 20 cartes fondées sur les relevés de Delisle et Euler |
| 1812 | Adrien-Hubert Brué | Carte générale de l'Empire de Russie, édition parisienne |
| 1826-1863 | Gén. Fiodor Schubert | Cartes topographiques d'état-major, précision sans précédent |
Questions fréquentes
Quelles sont les premières cartes de la Russie ?
Les premières cartes de la Russie accessibles aux Européens remontent au XVIe siècle. La carte de Moscovie d'Anthony Jenkinson (1562) et les représentations d'Abraham Ortelius dans le Theatrum Orbis Terrarum (1570) figurent parmi les plus anciennes. Gerardus Mercator publia également une carte de la Russie en 1595, fondée sur des sources diplomatiques et commerciales.
Qu'est-ce que l'atlas de Remezov ?
L'atlas de Semion Remezov, achevé vers 1701, est le premier atlas cartographique réalisé entièrement par un cartographe russe. Intitulé Tchertiôjnaïa kniga Sibiri (« Livre de dessins de la Sibérie »), il comprend 23 cartes détaillées de la Sibérie et constitue un document majeur de l'histoire de la cartographie russe.
Quel rôle a joué Pierre le Grand dans la cartographie russe ?
Pierre le Grand a transformé la cartographie russe en fondant l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg (1724) et en invitant des cartographes européens, notamment Joseph-Nicolas Delisle. Il a ordonné des expéditions systématiques de relevés topographiques et commandé les premières cartes scientifiques de l'empire, menant à l'Atlas de Kirillov (1734).
Où trouver des cartes anciennes de la Russie ?
Les cartes anciennes de la Russie sont conservées dans les grandes bibliothèques (BnF, British Library, Bibliothèque nationale de Russie). Des collections numérisées sont accessibles en ligne. Le site de l'association Les Amis de Paris—Saint-Pétersbourg présente également une collection commentée de cartes anciennes.
Comment les cartographes occidentaux représentaient-ils la Russie ?
Jusqu'au XVIIe siècle, les cartographes occidentaux représentaient la Russie de manière approximative, souvent sous le nom de « Moscovie ». Les régions orientales restaient largement imaginaires. Ce n'est qu'avec les expéditions du XVIIIe siècle que la cartographie de la Russie devint véritablement scientifique.
Qu'est-ce que le Pont-Euxin sur les cartes anciennes ?
Le Pont-Euxin est le nom antique de la mer Noire, hérité du grec Pontos Euxeinos. Sur les cartes anciennes, cette dénomination persiste jusqu'au XIXe siècle. Les cartographes représentaient la mer Noire avec ses ports stratégiques, de Constantinople à Sébastopol.
Quelle est la valeur des cartes anciennes de la Russie ?
Les cartes anciennes de la Russie possèdent une triple valeur : historique (elles documentent l'expansion territoriale de l'empire), artistique (gravures sur cuivre rehaussées à la main, cartouches ornés) et marchande. Les pièces des grands cartographes comme Homann, Blaeu ou Seutter atteignent plusieurs milliers d'euros en vente aux enchères.