Ossip Zadkine naquit à Vitebsk, ville qui donna aussi naissance à Marc Chagall quatre ans plus tôt. Son père, Ephim Zadkine, professeur de langues classiques d'origine juive, l'envoya dès l'enfance à Smolensk pour apprendre le métier dans un atelier d'ébénisterie et de marqueterie. Le jeune Ossip y découvrit le travail du bois, matériau qui restera au cœur de son art tout au long de sa vie.
En 1905, à quinze ans, son père l'envoya en Angleterre pour parfaire son éducation. Il y fréquenta brièvement le polytechnique de Sunderland et découvrit l'art au British Museum de Londres, fasciné par les sculptures primitives et l'art asiatique. En 1907, il s'inscrivit à l'École des arts de la City et Westminster, mais c'est vers Paris que son regard se tournait déjà.
En 1910, Zadkine s'installa définitivement à Paris. Il fréquenta brièvement l'École des beaux-arts, mais quitta rapidement l'enseignement académique pour travailler seul dans son atelier. Il s'installa à la Ruche, cette cité d'artistes du passage de Dantzig dans le 15e arrondissement où se côtoyaient Chagall, Modigliani, Soutine et Léger.
Les premières œuvres de Zadkine furent profondément marquées par l'art russe des origines — icônes, art populaire, sculptures sur bois — autant que par les arts premiers d'Afrique et d'Océanie qu'il admirait au musée du Trocadéro. Mobilisé en 1914, il fut gazé dans les tranchées et démobilisé en 1917. Après la guerre, il obtint la nationalité française.
« Le bois est vivant, il résiste, il a un grain, une mémoire. La pierre, c'est autre chose : elle attend qu'on la libère. » — Ossip Zadkine
Dans les années 1920, Zadkine développa un langage plastique personnel qui intégrait les leçons du cubisme à la tradition de la taille directe. Contrairement à Brancusi, qui recherchait la forme pure, Zadkine maintenait la figure humaine au centre de son œuvre, la décomposant en plans et volumes tout en conservant son expressivité.
Il travailla aussi bien le bois (son matériau de prédilection), la pierre, le bronze que la terre cuite. Ses sculptures se distinguent par :
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Zadkine, d'origine juive, se réfugia aux États-Unis (1941-1945) où il enseigna à l'Art Students League de New York. Il revint à Paris dès la Libération et s'installa définitivement rue d'Assas.
L'œuvre la plus célèbre de Zadkine est le monument La Ville détruite (De Verwoeste Stad), commandé par la ville de Rotterdam pour commémorer le bombardement allemand du 14 mai 1940 qui rasa le centre historique. Inaugurée en 1953, cette sculpture monumentale en bronze de 6,50 mètres représente une figure humaine éventrée, le torse percé d'un vide béant, les bras levés vers le ciel dans un cri de désespoir.
Cette œuvre, l'une des plus puissantes du XXe siècle dans le domaine de la sculpture commémorative, valut à Zadkine le Grand Prix de sculpture de la Biennale de Venise en 1950, avant même son installation. Elle est devenue le symbole de Rotterdam et un monument anti-guerre universellement reconnu.
En 1928, Zadkine s'installa au 100 bis rue d'Assas, dans le 6e arrondissement de Paris. C'est dans cet atelier-maison, entouré d'un jardin planté de sculptures, qu'il travailla pendant près de quarante ans. À sa mort en 1967, sa veuve Valentine Prax, elle-même peintre, légua l'atelier et les œuvres à la Ville de Paris.
Le musée Zadkine, ouvert en 1982, présente environ 300 sculptures ainsi que de nombreux dessins, gouaches et tapisseries. Le jardin, véritable écrin de verdure au cœur du quartier de Montparnasse, offre un cadre unique pour découvrir l'œuvre en plein air. L'entrée des collections permanentes est gratuite.
Zadkine est enterré au cimetière du Montparnasse, dans la 8e division. Il reste l'un des grands artistes russes ayant marqué Paris, aux côtés de Chagall, Soutine et Archipenko.
Le musée Zadkine est situé au 100 bis rue d'Assas dans le 6e arrondissement de Paris, dans l'ancien atelier-résidence du sculpteur. Il abrite environ 300 sculptures et de nombreux dessins et gouaches. L'entrée des collections permanentes est gratuite.
La Ville détruite (De Verwoeste Stad), monument en bronze de 6,50 mètres érigé à Rotterdam en 1953 pour commémorer le bombardement de 1940. La figure humaine éventrée, bras levés vers le ciel, est devenue un symbole universel de la détresse face à la guerre.
Ossip Zadkine est enterré au cimetière du Montparnasse à Paris, dans la 8e division. Sa tombe est ornée d'une de ses sculptures.
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