Chapelle Marie Bashkirtseff au cimetière de Passy

Temps de lecture : 6 minutes | Mis à jour le 1er mars 2026

Au cimetière de Passy, dans le 16e arrondissement de Paris, une chapelle funéraire remarquable abrite la dépouille de Marie Bashkirtseff (1858-1884), artiste peintre et diariste d'origine ukrainienne. Morte à seulement 25 ans, elle laissa un journal intime qui fascina des générations de lecteurs et une œuvre picturale représentée au Musée Russe de Saint-Pétersbourg.

La chapelle au cimetière de Passy

Le cimetière de Passy s'étend au pied de la colline du Trocadéro, offrant une vue sur la Tour Eiffel. La chapelle mortuaire de Marie Bashkirtseff, érigée par sa mère après sa mort, se distingue par son caractère monumental : construite dans un style néo-byzantin inspiré de l'architecture religieuse russe, elle contient un atelier reconstitué avec les effets personnels de l'artiste.

La chapelle a été classée monument historique et restaurée à plusieurs reprises. On peut y voir une reproduction de son atelier, avec son chevalet, sa palette et des copies de ses œuvres. Des visiteurs du monde entier viennent s'y recueillir, attirés par le destin romanesque de cette jeune femme.

Informations pratiques
LieuCimetière de Passy, 2 rue du Commandant-Schloesing, 75016 Paris
MétroTrocadéro (lignes 6, 9)
HorairesLun-ven 8h-17h30, sam 8h30-17h30, dim 9h-17h30 (horaires d'hiver)
AccèsGratuit
ProtectionMonument historique
Chapelle funéraire de Marie Bashkirtseff au cimetière de Passy Paris
La chapelle mortuaire de Marie Bashkirtseff au cimetière de Passy

Marie Bashkirtseff (1858-1884) : une vie fulgurante

Maria Konstantinovna Bashkirtseva naît le 24 novembre 1858 à Gavrontsy, dans le gouvernement de Poltava (actuelle Ukraine). Issue d'une famille noble et fortunée, elle voyage en Europe dès l'enfance avec sa mère après la séparation de ses parents.

Une jeunesse cosmopolite

La famille s'installe à Nice en 1870, puis voyage entre Genève, Rome, Naples et Paris. Marie parle couramment le français, l'italien, le russe et l'allemand. Douée pour la musique, elle étudie le chant mais doit y renoncer en raison d'une laryngite chronique — premiers signes de la tuberculose qui l'emportera.

L'arrivée à Paris

En 1877, à 19 ans, Marie s'inscrit à l'Académie Julian à Paris, l'une des rares écoles d'art ouvertes aux femmes. Elle y travaille avec acharnement, parfois dix heures par jour, déterminée à devenir une grande artiste. Elle côtoie les milieux artistiques parisiens et fréquente les salons littéraires.

Atteinte de tuberculose, Marie Bashkirtseff meurt le 31 octobre 1884 à Paris, à l'âge de 25 ans. Sa mère fait ériger la chapelle du cimetière de Passy et publie son journal intime en 1887.

Marie Bashkirtseff autoportrait à la palette artiste peintre russe
Marie Bashkirtseff, autoportrait à la palette (vers 1883)

L'artiste peintre

Malgré sa courte carrière, Marie Bashkirtseff produit une œuvre significative, influencée par le naturalisme et le réalisme de Jules Bastien-Lepage. Ses toiles les plus connues sont :

  • Un meeting (1884) : scène de rue montrant des enfants pauvres, exposée au musée d'Orsay à Paris
  • Le Parapluie (1883) : tableau réaliste conservé au Musée Russe de Saint-Pétersbourg
  • Jean et Jacques (1883) : portraits d'enfants, musée des beaux-arts de Nice
  • L'Automne : paysage aujourd'hui disparu

Elle expose au Salon de Paris dès 1880 et reçoit une mention honorable en 1883. Ses tableaux témoignent d'un talent précoce et d'une sensibilité sociale : elle peint souvent des enfants des rues, des ouvriers, des scènes de la vie populaire parisienne.

Un meeting tableau de Marie Bashkirtseff 1884 musée d'Orsay
Un meeting (1884), son tableau le plus célèbre, conservé au musée d'Orsay

Le journal intime : un document exceptionnel

Marie Bashkirtseff commença son journal le 12 janvier 1873, à l'âge de 14 ans, et l'écrivit jusqu'à quelques jours avant sa mort. Ce journal, rédigé en français, couvre 16 000 pages manuscrites dans 105 cahiers.

Publié en version expurgée en 1887 par sa mère, il connaît un immense succès. Le texte intégral, plus sincère et plus cru, ne sera édité qu'au XXIe siècle. Marie y livre ses ambitions artistiques, ses réflexions sur la condition féminine, ses amours, ses doutes et sa lutte contre la maladie.

« Si je ne dis pas tout, absolument tout, ce journal n'aura aucun intérêt. J'ai la faiblesse de croire que tout m'est particulier, ou du moins que rien de ce qui m'arrive ne peut être semblable à ce qui arrive à un autre. » — Marie Bashkirtseff, Journal

Le journal a influencé de nombreux écrivains, dont Simone de Beauvoir, qui le lut dans sa jeunesse et y reconnut son propre désir d'indépendance intellectuelle.

Héritage et postérité

Marie Bashkirtseff est devenue une figure emblématique de l'émancipation féminine par l'art. Ses œuvres sont conservées dans plusieurs musées :

  • Musée d'Orsay, Paris : Un meeting
  • Musée Russe, Saint-Pétersbourg : Le Parapluie et d'autres toiles
  • Musée des beaux-arts de Nice : collection de tableaux et dessins
  • Bibliothèque nationale de France : manuscrits du journal

À Nice, une rue porte son nom et le musée des beaux-arts conserve une importante collection de ses œuvres. En Ukraine, un musée lui est consacré à Poltava. La préservation du patrimoine culturel russe en France passe aussi par la mémoire de figures comme Marie Bashkirtseff.

Questions fréquentes

Où se trouve la chapelle de Marie Bashkirtseff ?

La chapelle mortuaire de Marie Bashkirtseff se trouve au cimetière de Passy, 2 rue du Commandant-Schloesing, dans le 16e arrondissement de Paris, au pied de la colline du Trocadéro. L'entrée du cimetière est gratuite.

Qui était Marie Bashkirtseff ?

Marie Bashkirtseff (1858-1884) était une artiste peintre et diariste d'origine ukrainienne (Empire russe). Installée à Paris dès 1877, elle étudia à l'Académie Julian et exposa au Salon de Paris. Elle mourut de tuberculose à 25 ans, laissant un journal intime de 16 000 pages et une œuvre picturale remarquable.

Où peut-on voir les tableaux de Marie Bashkirtseff ?

Ses principales œuvres sont conservées au musée d'Orsay à Paris (Un meeting), au Musée Russe de Saint-Pétersbourg (Le Parapluie), et au musée des beaux-arts de Nice (collection de tableaux et dessins).

Peut-on visiter la chapelle Bashkirtseff ?

La chapelle est visible de l'extérieur lors des heures d'ouverture du cimetière de Passy. L'intérieur, qui reconstitue l'atelier de l'artiste, n'est accessible qu'exceptionnellement lors de journées du patrimoine ou sur demande spéciale.

Publié par Les Amis de Paris–Saint-Pétersbourg. Dernière mise à jour : mars 2026.