Au printemps 1717, Pierre Ier de Russie (Пётр I Великий), déjà célèbre dans toute l'Europe pour ses réformes et sa victoire sur la Suède, entreprend un second grand voyage en Occident. Après les Pays-Bas et les villes allemandes, il se rend en France, pays dont il admire la culture, les arts et les institutions.
La France du Régent Philippe d'Orléans accueille avec curiosité ce souverain hors norme. Le tsar, âgé de quarante-cinq ans, mesure plus de deux mètres, parle plusieurs langues et possède une curiosité intellectuelle insatiable. Son séjour parisien, du 7 mai au 20 juin 1717, sera l'un des événements diplomatiques les plus marquants du début du XVIIIe siècle, posant les bases de l'alliance franco-russe qui s'épanouira plus tard.
Bien que les somptueux appartements du Louvre lui aient été préparés, Pierre le Grand les juge trop luxueux et préfère s'installer à l'Hôtel de Lesdiguières, hôtel particulier situé rue de la Cerisaie, dans l'actuel 4e arrondissement de Paris. Ce choix reflète la personnalité du tsar : un homme d'action qui privilégie la simplicité et dédaigne le faste de cour.
L'hôtel de Lesdiguières, construit au XVIe siècle pour le duc de ce nom, était une demeure spacieuse entourée de jardins, proche de la Bastille et de l'Arsenal. Pierre y installe sa suite et y reçoit dignitaires et savants. La rue de la Cerisaie conserve aujourd'hui une plaque rappelant ce séjour historique.
Pendant ses six semaines à Paris, Pierre le Grand visite avec avidité tout ce que la capitale peut offrir. Il se rend aux Invalides, où il admire l'organisation militaire ; aux Gobelins, où il étudie les techniques de tapisserie ; à l'Observatoire, où il s'intéresse aux instruments astronomiques. Il visite également la Monnaie, la Samaritaine et la machine de Marly qui alimente les fontaines de Versailles.
À Versailles, le tsar est reçu par le jeune Louis XV, âgé de sept ans. Selon les chroniqueurs, Pierre souleva l'enfant-roi dans ses bras en s'exclamant qu'il tenait là « toute la France ». Il admire les jardins de Le Nôtre, qui inspireront plus tard les parcs de Peterhof, sa résidence près de Saint-Pétersbourg.
Le tsar rencontre le Régent Philippe d'Orléans, avec qui il négocie un traité d'alliance franco-russe. Il est élu membre honoraire de l'Académie des sciences — honneur rare pour un souverain étranger — et assiste à des séances de l'Académie française. Il visite également le Jardin des Plantes et la bibliothèque du Roi.
Ces rencontres ne sont pas de pure courtoisie : Pierre recrute activement des artisans, des ingénieurs et des architectes français pour son grand projet de modernisation de la Russie et de construction de Saint-Pétersbourg. L'architecte Jean-Baptiste Le Blond accepte de le suivre en Russie, où il réalisera les premiers plans de la ville. Ce voyage historique scelle durablement les liens entre les deux pays.
Le séjour de Pierre le Grand à Paris est un moment fondateur des relations franco-russes. Il ouvre la voie à l'influence française sur la culture russe — la noblesse russe adoptera le français comme langue de prestige pendant deux siècles. En retour, la France découvre un empire immense et fascinant qui deviendra son allié stratégique.
Aujourd'hui, les traces de Pierre le Grand à Paris sont nombreuses : la plaque de la rue de la Cerisaie, le pont Alexandre III (du nom de son lointain successeur), la rue Pierre le Grand dans le 8e arrondissement. Ce voyage de 1717 reste le symbole de l'amitié franco-russe que notre association perpétue.
« J'ai vu la France, j'ai tout vu. » — Pierre le Grand, 1717
Pierre le Grand a séjourné à Paris du 7 mai au 20 juin 1717, pendant environ six semaines. C'était la première visite officielle d'un souverain russe en France.
Pierre le Grand a logé à l'Hôtel de Lesdiguières, situé rue de la Cerisaie dans le 4e arrondissement de Paris. Bien que les appartements du Louvre lui aient été proposés, le tsar préféra cet hôtel particulier plus modeste et plus calme.
Une plaque commémorative se trouvait rue de la Cerisaie dans le 4e arrondissement. La visite de Pierre le Grand a marqué le début des relations diplomatiques et culturelles franco-russes qui se sont poursuivies pendant trois siècles.
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